MOUANDA Baudouin

« Ciel de Saison »

Biography:

Baudouin Mouanda est un photographe congolais, membre d’Afrique in visu. Après quelque années passées à étudier le droit à l’université de Brazzaville, il débute sa carrière 1993 en chroniquant la vie brazzaviloise pour les journaux et se fait surnommer « photouin » Baudouin Mouanda s’attache particulièrement à l’histoire de son pays, aux sujets qui interrogent et aux séquelles des guerres à répétition qui ont endeuillé le Congo. Récompensé aux jeux de la francophonie à Niamey (Niger) en 2005, Baudouin Mouanda est sélectionné à plusieurs reprises au concours international pour le grand prix paris match du photoreportage étudiant. En 2007, il bénéficie d’une résidence à paris, où il suit un stage de perfectionnement au centre de formation et de perfectionnement des journaliste, et intègre l’ESA LE 75 (Ecole supérieur des arts) de Bruxelles ; C’est là que sa route croise celle de Congolais de paris et notamment des fameux rois de la sape, « les sapeurs », et leur philosophie baptisée la « sapologie ». De retour à Brazzaville en 2008, il photographie les plus beaux « sapeurs » de la capitale congolaise. Il participe depuis à plusieurs résidences nationales et internationales. En 2009, Baudouin Mouanda expose ses photos les Séquelles de la guerre à la biennale les Rencontres de Bamako, au Mali, où reçoit le prix de la fondation blachère suivi du prix jeune talent offert par Bolleré Africa Logistics. Sa dernière résidence à Libreville, au Gabon, lui permet avec la bourse « visa pour la création en 2009 » de culture France d’avancer son travail sur hip hop et société qu’il présente en été 2010 aux rencontres d’Arles. Il collabore régulièrement avec plusieurs journaux parmi lesquels Jeune Afrique Planète jeune, Afrique magazine, Le Monde, Express styles, VSD, L’Humanité.

Republic du Congo

https://www.baudouinmouanda.fr

Ciel de Saison

Ici on ne dort pas, les érosions nous font peur. Lorsqu’il fait chaud, on ignore ce qui nous attend le lendemain. Les saisons ont changé, les menaces des pluies sont permanentes quand le vent incite les arbres à bouger. Les feuilles, et la poussière qui tombent sur les toitures appellent les habitants à la vigilance. Lorsque la nuit, le tonnerre agite le ciel, personne n’ose s’enfermer dans la maison, au contraire tout le monde est dehors à observer le ciel…

On voit les nuages se déplacer, les étoiles disparaître, on sent des précipitations à l’approche. Chacun essaie de deviner l’ampleur de la menace de pluie, qu’elle soit grande ou petite elle n’est pas la bienvenue dans certains quartiers de Brazzaville. Enfants tout comme adultes chacun se trouve une pelle pour évacuer le sable qui envahit les habitats. On tente avec des seaux ou des casseroles de trouver un passage aux trombes d’eau, même si ce n’est pas évident de faire barrage à la pression des eaux.

Pour les vieux qui ont passé toute leur vie à travailler, à préparer leurs retraites, et à bâtir leur maison, leurs efforts paraissent vains. Ils récupèrent le reste de leurs biens, les grilles, les planches, les tôles ...même s’ils ne savent plus où aller. Ils abandonnent leur demeure, qui sont envahies par des eaux ensablées. Ils pointent le doigt au ciel, aux saisons. C’est “dieu seul sait”. Malheureusement, on ne peut pas s’opposer aux phénomènes de la nature, ils ont aussi leurs caprices.

Ce projet est né des intempéries que connaît ces dernières années l’Afrique, dues au changement climatique. Ces photographies rappellent à tout un chacun, la nécessité de préserver et respecter l’environnement, sous peine de représailles du changement climatique.

Pour se faire, il m’a fallu à consacrer des heures à observer le Centre de photographie ClassPro Culture que je construis avec un sous-sol pour les habitants vivant en zone périphérique de Brazzaville, en république du Congo.
Voire l’espace inondé des eaux de pluie, m’a permis de réfléchir sur un projet photographique dont les premiers bénéficiaires sont les habitants des quartiers souvent oublié ayant connu les catastrophes naturelles. Je pensé à créer une complicité avec les habitants sur des sujets qui impact des questions d’environnement sur les phénomènes naturels qu’on rencontre, les tempêtes, mais qui vont au-delà des destructions qui font état des enjeux du changement climatique.

La photographie comme l’art de paraître m’accroché à créer un lien avec les communautés, de sensibiliser dans le mieux vivre ensemble en utilisant l’image comme pilier des rencontres, des discussions afin de trouver des solutions communes. C’est ainsi que le projet Ciel de saison, avec toutes ces décors qui apportent l’imagination du réel, de la couleur à remuer l’impact de faits de société, la transmission des messages tiré du réel, et traduit visuellement par les riverains en s’improvisant comme acteurs de leur